Cérémonie de présentation du rapport annuel combiné 2009-2012

Discours d’ouverture
Cérémonie de présentation du rapport annuel combiné 2009-2012
Office de la Protection du Citoyen
Hôtel Montana, mercredi 27 février 2013

Je salue l’auguste assistance ici présente et avec votre permission je vais rapidement ouvrir une parenthèse obligatoire, avant de rentrer dans le vif du sujet. En ce jour mémorable nous ne saurions oublier un grand absent à qui nous accorderons tous les honneurs dus. Vous vous doutez bien que je fais référence au Docteur Louis E. Roy. Responsable de la création de l’OPC au sein de la Constitution, ce rapport est dédié à sa mémoire. Dommage qu’il soit parti trois ans trop tôt.

Il aurait été si fier de nous. En tous cas, ma nomination datant du lundi 7 septembre 2009, ne saurait être l’effet d’un pur hasard, 7 jours après sa mort le lundi 31 août. Je reste donc convaincue d’avoir reçu des cendres de ce grand homme, une mission spéciale, que je m’efforcerai de remplir comme un héritage sacré. Parenthèse fermée. Revenons au processus qui nous rassemble. Grande est notre fierté de vous avoir avec nous aujourd’hui, réunis autour d’un exercice incontournable pour l’OPC, celui de l’acquittement d’une double dette, envers l’Etat et envers la Société civile. En effet, selon le vœu de la Constitution et conformément a la loi du 3 mai promulguée le 20 juillet 2012, portant organisation et fonctionnement de l’OPC, un rapport annuel doit être déposé devant les trois autorités de nomination du Protecteur du Citoyen, à savoir le Président de la République, le Président du Sénat et le Président de la Chambre des Députés. Obligation majeure et fondamentale s’il en est, cette responsabilité nous incombe cependant depuis la fin de l’année 2010. Mais force est de constater que dans la foulée du séisme du 12 janvier de la même année, 4 mois après mon investiture, réduits à fonctionner dans un local de fortune aménagé sous des tentes, paralysés dans une capitale quasiment détruite, nul n’entrevoyait la moindre possibilité de se mettre en règle et de remplir ce devoir de reddition de compte. Il fallait tout simplement ramasser les décombres et tourner le regard résolument vers l’avenir. Et c’est exactement ce que nous avons entrepris de faire. Car contrairement à ce qu’on pourrait croire, cette catastrophe nous a sauvé en nous fournissant l’inestimable opportunité, je dirais même la chance, pour être vraiment honnête avec moi même, de se mettre vraiment au travail. Croyez-moi, j’ai bien mesuré mes mots en utilisant le verbe mettre au lieu de remettre, puisque 2010 s’est révélé une année de réveil et de prise de conscience pour notre institution. Par conséquent la secousse dévastatrice du séisme nous a donné droit à un nouveau départ. L’excuse était toute trouvée pour déclencher le processus de réanimation d’un corps moribond. Ceci a été fait. Avec le précieux concours de l’expert indépendant à notre chevet, avec le support technique d’experts du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme, nous avons commencé notre renaissance qui s’est poursuivie inlassablement au travers de deux axes principaux : la consolidation du cadre légal et la déconcentration des services de l’institution. Sur ces deux plans nous avons réussi. Et c’est le compte rendu de cette odyssée que nous voulons partager en vue de contribuer nous aussi, à l’établissement d’un état de droit démocratique dans notre chère Haïti. Vous me demanderez avec raison, pourquoi avoir attendu 3 ans avant de sortir ce rapport ? Simplement je répondrai parce que construire une institution prend du temps, de l’énergie, du dévouement, des moyens, dans le respect de soi, de l’autre et de l’environnement. Construire requiert également une foi inébranlable. Ainsi, armés des outils mentionnés nous avons lancé les travaux du grand chantier de l’OPC. Une fois le processus de décentralisation mis en place sur toute l’étendue du territoire et dès la promulgation de notre loi organique, nous nous sommes sentis prêts pour rendre compte. Voici aujourd’hui en 128 pages, le fruit de notre labeur, le résultat de nos efforts. Couvrant les activités allant de 2009 à 2012, ce rapport combiné fait état des premiers trois ans de mon mandat de Protectrice. Ce choix de compilation nous a été dicté évidemment par les circonstances. Nous avons profité de la conjoncture et nous en sommes reconnaissants. Pour votre information, ce lundi 25 février, le dépôt du rapport a été effectué à qui de droit. Et ce matin, forts de ce pré-requis, nous procéderons à la deuxième étape de reddition de comptes, celle de sa présentation officielle à la communauté nationale et internationale des droits humains et sa restitution à la Nation toute entière. Avant d’aller plus loin je m’en voudrais de négliger un aspect central du rapport à savoir sa préparation. Tous ceux qui en ont fait l’expérience savent le coût d’une telle opération. Beaucoup d’efforts ont été investis, non seulement dans les activités qui ont donné lieu au rapport mais aussi dans l’élaboration du texte. Je prends donc plaisir à passer en revue tous ceux qui ont rendu cet évènement possible ce matin. Pour commencer, l’OPC remercie l’ensemble de ses partenaires pour leur soutien. L’Office remercie en particulier la délégation aux droits de l’homme, à la démocratie et à la paix de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) qui a appuyé la publication de ce rapport. Patricia et Martine de loin nous pesons à vous et à votre inestimable sollicitude. L’OPC tient également à remercier l’expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Haïti, monsieur Michel Forst, pour avoir d’emblé cru dans le potentiel de l’institution. L’Office prend plaisir à rendre hommage et à remercier chaleureusement les parlementaires qui, par le vote de la loi portant organisation et fonctionnement de l’Office de la Protection du Citoyen, ont signifié leur attachement à l’édification d’un état de droit démocratique. De plus, ce rapport n’aurait pas vu le jour sans la participation experte de trois consultants et je cite : d’un coté Sandra Dessimoz pour l’impulsion donnée durant ses 6 mois de bénévolat, et de l’autre Danièle Magloire et Nino Karamaoun, notre frère, pour leur précieuse contribution à la conception et à la rédaction de l’ouvrage. En fin de compte la Protectrice du Citoyen exprime ses sincères félicitations et présente ses compliments à l’équipe de l’OPC, mon équipe, dont le travail inouï est relaté dans ces pages. Nous prenons acte de la contribution de tous les collaborateurs qui à une époque particulièrement chargée ont uni leurs talents et leurs efforts pour produire ce document en temps utile et de la manière la plus attrayante possible. Dans le but de plus grande lisibilité, pour aller à l’essentiel et dans le but de donner au lecteur un aperçu global de notre travail au fil des ans depuis l’ouverture de nos portes en 1997, nous nous sommes astreints à vous livrer un texte qui se veut clair, instructif, utile dans son souci d’offrir dans un langage pragmatique, un grand nombre de tableaux récapitulatifs permettant d’établir le lien avec les années précédentes et d’évaluer le progrès accompli. Ensuite nous avons étalé les montants et le calendrier de tous les supports financiers reçus en mentionnant leur utilisation. Media !! Merci également à nos complices-partenaires des associations de droits humains qui alimentent notre travail et allient leurs forces à nos pouvoirs, quotidiennement, sur le terrain. Merci à vous tous d’être venus supporter votre OPC en grand nombre. Je constate que l’invitation lancée a fait écho et je m’étonne en me réjouissant en même temps, du nombre important de réponses positives reçues. Ce nouvel engouement témoigne d’un intérêt grandissant sur le sujet des droits humains et doit nous rassurer sur les perspectives d’avenir pour notre pays. Il fut un temps où le citoyen se posait des questions légitimes et justifiées sur l’utilité de l’OPC. Aujourd’hui vous nous apportez le réconfort et l’inspiration de votre présence appréciée. En retour nous nous engageons à poursuivre la mission de notre institution indépendante nationale de protection et de promotion des droits humains avec une vigueur et une rigueur renouvelées et une détermination accrue. C’est donc avec la plus grande fraternité et la plus profonde émotion que j’ai l’insigne honneur de vous accueillir dans ces lieux, pour une opération à double objectif de partage d’information et de transparence. Un jalon important de la vie institutionnelle de l’OPC vient d’être franchi. Demain commence la marche vers la maturité et la consolidation des acquis. Au fil des dossiers l’expérience sera développée, affinée, et l’expertise sera renforcée afin qu’un service de qualité continuellement améliorée, soit disponible au contribuable et au justiciable. Le citoyen haïtien y a droit. L’OPC proclame une fois de plus sa foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine. Citoyennes, citoyens, les portes de l’OPC sont grandes ouvertes sur toute l’étendue du territoire. Nous sommes prêts et à votre service gratuitement comme le veut la Constitution sans nous substituer au rôle de la société civile dont les dénonciations et les plaidoyers contribuent à faire avancer la réforme, ni pour prendre en charge le rôle des autorités de l’Etat qui ont la responsabilité de gouverner ce pays. L’union fait toujours la force du changement. Travaillons ensemble pour le bien d’Haïti.

 

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